De Brest à Vladivostok,en passant p ar les capitales d'Europe du Nord, et une escapade en Mongolie, billets d'humeur d'une voyageuse. Europe centrale
Après la forteresse d'Osijek, la ville d'Ilok nous attend, et les réjouissances commencent par une autre dégustation de vin, elle sera suivie par notre repas méridien.
Dans la salle du restaurant, (voir photo de droite) les broderies rouges sur le chemin de table blanc mis en décoration sur les couvercles des barriques attirent l'attention. Je connais bien ces broderies pour les avoir déjà vues en Ukraine, plus précisément à Lvov. Pendant la période dite de la glasnost, mon employeur avait des contrats d'ingénierie avec plusieurs villes d'URSS, dont Lvov (renommée Lviv depuis la chute de l'URSS).
Notre beau Danube bleu traverse les terres orientales. L'Europe va à la rencontre de l'Oural. En Serbie, les enfants apprennent l'écriture et la lecture avec deux alphabets : cyrillique et latin. La musique de la langue a les intonations slaves, l'Occident s'efface devant l'Orient.
Nous voici dans la ville géographiquement le plus à l'Est de la Croatie et nous avons retrouvé les rives du Danube et les coteaux propices à la culture de la vigne.
Nous avons passé un agréable moment dans cet établissement. Repas aux couleurs locales, simple et bon et surtout une dégustation des vins avec des cubes de fromage et du pain spécifique . Le décor est réussi et les caves aux voûtes de briques, aux foudres alignés, captivent les regards.
Les caves les plus connues sont situées sous le château Odescalchi, avec un client prestigieux : la cour d'Angleterre. Un cru retient l'attention : le Traminac ...parait-il
Stari podrumi Ilok et le pain spécial accompagnant le fromage et le vin pour la dégustation des vins et
en particulier le déjà nommé
"Traminac" D'autres infos complémentaires ici
Le pas chancelant nous commençons une promenade digestive au grand air pour découvrir les remparts de la ville d'Ilok.
Les remparts du XIII° de la ville médiévale d'Ilok et les mufliers en contrepoints colorés viennent apporter un peu de vie aux vieilles pierres. La cité a connu les avatars de la guerre civile entre la Croatie et la Serbie. Depuis 1998, suite aux accords de Dayton et d'Erdut, ce territoire est croate.
Une agréable promenade nous fait découvrir le passé musulman de cette ville grâce au dôme caractéristique de ce qui devait être un hammam datant du XVI°, à peine visible, le gris de la coupole se distingue à peine sur le ciel plombé.
Un petit bain pourrait être utile après nos excès de dégustations de spiritueux .
Dans l'enceinte des remparts, le musée Municipal d'Ilok reconstruit grace aux fonds Européens. Depuis le musée municipal, les remparts et le clocher de Saint Jean de Capistan .
Après cette matinée bien remplie c'est le retour sur notre hôtel flottant. Sur le Danube tout est flottant : À tribord la Croatie, à bâbord la Serbie et au milieu coule une frontière. Serbie, pays non membre de la communauté Européenne, l'itinérance téléphonique n'est pas activée, les données data, comme le simple fait de se géo localiser coûte un max. Cette valse hésitation, ce doux roulis vaudra à plus d'un étourdi une note de téléphone salée!
Navigation studieuse, avec un documentaire "Vukovar, la cité des âmes perdues" Ce documentaire peu se louer en suivant ce lien
Notre guide local a un message à faire passer. Un message à fleur de peau, un message toujours brûlant. Un article du "Monde" titrait : "Vingt ans après, l'impossible réconciliation des Serbes et des Croates de Vukovar. Vingt ans après le terrible siège de l'armée Yougoslave, les blessures de la guerre restent vives dans l'ancienne "petite Vienne". L'heure n'est pas encore à la réconciliation entre Serbes et Croates. L'article complet à lire ici
La chapelle du mémorial du cimetière de Vukovar
En attendant de retrouver les disparus, les tombes sont prêtes.
Sur la colinne de Mitnica le chateau d'eau criblé d'impacts d'obus est le symbole d'une blessure toujours purulente. Avant la guerre il y avait un restaurant au sommet. La reconstruction, un temps fut initiée mais il fut décidé d'en faire un memorial en souvenir des souffrances subies par Vucovar
Un autre mémorial de la guerre. Seul témoignage d'une vie heureuse passée : des jardinières toujours fleuries aux fenêtres d'une maison dévastée. Pour ne jamais oublier!
Jean-Michel Nicolier, natif de Vesoul, combattant volontaire auprès des Croates et disparu à Vukovar en 1991. Il était un des blessés de l'hopital...la suite fait partie des crimes de guerre jugés à La Haye. Il est devenu un héros national. La stèle est placée près des lignes des combats historiques.
À droite, le pont et la rue des combats à Vukovar.
Ce jour là, sur la place attenante, les jeunes gens de Vukovar fêtaient leur fin d'études. La paix des peuples est entre leurs mains...
Voici venu le moment de poser le grand livre des atrocités liées aux derniers conflits, du moins pour un bref moment.
Retour vers l' Amadeus Brilliant. Ce soir, des musiciens du "Tamburica Band", avec leurs violons et leurs costumes traditionnels charmeront nos yeux et nos oreilles avec des mélodies de Slavonie.
Notre coche d'eau quitte le quai pour rejoindre Bucarest . La soirée continue en compagnie des musiciens du bord, la piste de danse attend les inconditionnels de la fête, et au bout de la nuit, les affamés pourront se régaler avec un snack nocturne.
Ça fait des journées longues et bien remplies. ... Histoires à suivre...