De Brest à Vladivostok,en passant p ar les capitales d'Europe du Nord, et une escapade en Mongolie, billets d'humeur d'une voyageuse. Europe centrale
Београд en Serbe cyrillique, Beograd en Serbe latin : les 2 alphabets
Belgrade, appelée la ville blanche par les Celtes, a été piétinée mais aussi façonnée des siècles durant par une succession d'envahisseurs. Rasée 44 fois au cours de 115 guerres et un bombardement par les avions de l'OTAN en 1999, la capitale de la Serbie est plus vivante et plus accueillante que jamais.
Chaque nation y a laissé un peu de sa culture, comme un petit clin d'oeil coquin invitant à se souvenir d'une autre histoire, d'une autre belle aux regards voilés, d'un autre parfum, d'une autre ritournelle.
Un parc avec sa forteresse domine la ville. Il offre un panorama exceptionnel sur le vieux Belgrade, le fleuve, ses quais et ses ponts.
Les quartiers des commerces et des magasins sont souvent piétonniers, on y est ainsi agréablement à l'abri de la frénétique circulation automobile de l'agglomération.
Le Danube et Belgrade vus depuis la forteresse de Kalemegdan (Београдска тврђава en cyrillique)
La ville fascine depuis toujours les voyageurs et les écrivains : Voici un des nombreux textes d' hommes de plume cité par Danube Culture ."Belgrade se refuse au portrait, ses métamorphoses se laissent vivre ou raconter plutôt que décrire" = citation de Momo Kapor, un auteur Serbe, amoureux de la Capitale.
La citadelle de Kalemegdan, avec, bien visible, la tour de Jaksic vue depuis la rue Dunavska à l'extérieure de la forteresse. Les tours ont subit les destructions et reconstructions inhérentes aux guerres.
Un cimeterre gravé à l'entrée de la citadelle, un clin d'oeil d'une domination Ottomane non effacé.
Mausolée (Türbe) du vizir Damad Ali Pasha construit en 1784. C'est un autre souvenir de la domination Ottomane.
La porte de Karadorde, érigée en 1806 est une des portes permettant d'accéder au musée militaire de la forteresse.
Musée militaire de Belgrade dans les douves de la forteresse Kalemegdan.
Ce musée est riche de 26 000 pièces.
Des
uniformes sont exposés dont celui que portait le roi Alexandre 1ier de Yougoslavie lorsqu'il fut assassiné à Marseille en 1934 par le révolutionnaire bulgare Vlado Tchernozemski. Cet attentat a été perpétré en collaboration avec le mouvement croate des Oustachis (en fin d'article, un document à visionner sur les Oustachis aujourd'hui). Le ministre français des affaires étrangères Louis Barthou était venu accueillir le roi. Il sera, lui aussi blessé par un tir de riposte d'un policier français. De graves maladresses dans les soins prodigués provoqueront le décès du ministre.
Il m'est revenu en mémoire le bouquin "Le complot de l'ordre noir" de Philippe Pivion . Toute la complexité de la situation politique de l'Europe à la veille du conflit mondial, avec tous ses protagonistes jouant leurs jeux dangereux sont campés dans ce roman. Et surtout, la stratégie diplomatique du ministre pour lutter contre le péril nazi est mise en lumière. Après sa mort, personne ne poursuivra son oeuvre, la suite, vous la connaissez!
La porte (dont j'ai oublié le nom) constitue toujours la principale voie de communication entre le petit quartier de Kalemegdan et le quartier de la Ville haute. L'appareillage des pierres polychromes est complexe et donne un ensemble particulièrement réussi.
C'est sur le jambage droit de cette porte qu'est gravé le cimeterre.
Tout près d'une des portes d'entrée de la citadelle, un grand mur décoré attire le regard. C'est le mur d'enceinte du parc zoologique "parc du bon espoir" Drôle de nom pour un tel endroit! De quel espoir est-il question? En fait, pendant les longues années noires de la capitale et les bombardements, le parc n'a pas trop souffert. Les amoureux des animaux venaient bénévolement aider dans le jardin d'acclimatation , soit pour l'entretenir, soit pour participer aux soins des pensionnaires ou même en apportant de la nourriture pour les hôtes du Zoo.
Un peu de tendresse dans ce monde conflictuel, ça fait un bien fou!
Toujours sur le site et le parc de Kalemegdan, un autre monument attire le regard. Sur une vaste esplanade, un jeune soldat debout, juché sur une haute colonne néoclassique, dans une attitude fière et sereine, attend, observe, contemple la capitale. Il est porteur d'un message de paix. À ses pieds, le Danube et la Save s'unissent pour l'éternité. C'est le : Vainqueur de Belgrade. Cette imposante sculpture rappelle les sacrifices de l'armée serbe pour la libération de la patrie en 1918, aux côtés de la très appréciée armée française d'Orient.
Le temps est suspendu, les fracas des canons ont cessés...pour quelques temps, alors, profitons de l'instant, même si le ciel n'est pas serein.
Ci dessus, Le monument du Vainqueur = Pobednik = La Victoire d' Ivan Mestrovič, en commémoration à la victoire des serbes au mont Cer pendant la Première guerre mondiale.
Le Monument de la Reconnaissance à la France, le symbole d'amitié des deux nations, notre guide tenait particulièrement a souligner son côté "exceptionnel". En effet, seule la France a eu cet honneur, ce qu'aucune autre nation n'a vraiment mérité dans l'histoire plutôt tourmentée de cette région des Balkans. Et de rajouter que, même l'Ambassade de France est unique dans son genre comparée aux autres Ambassades. Elle fut la seule a être construite pour cette fonction dédiée, et le terrain lui a été offert en cadeau. De style Art déco, elle est l'oeuvre de l'architecte français Roger-Henry Expert assisté par Mr Najman.
La guerre, les cimeterres, la paix, reste le goupillon!
Pour clore cet article, une vue depuis le pont Brankov avec le clocher de l'église Saint Michel et un melting-pot architectural d'un quartier de Belgrade.
Les oustachis aujourd'hui
Prochain article : la somptueuse Cathédrale de Saint Sava de Belgrade... les mirettes vont être comblées!