De Brest à Vladivostok,en passant p ar les capitales d'Europe du Nord, et une escapade en Mongolie, billets d'humeur d'une voyageuse. Europe centrale
Notre promenade de nuit à Bethléem nous avait donné une belle image du lieu. Ce jour là, le temps était grognon avec des nuages gris et vent aigrelet.
Le crachin du matin n'arrête pas le pèlerin nous enseignent les dictons populaires.
Même en période creuse, le pèlerin ne choisi pas ce qu'il veut , il ne choisit surtout pas son horaire! Nous avons vu des "individuels" se voir refuser l'accès à la grotte de la nativité : motif = visite non programmée.
Et même programmée, la bataille des accès n'est pas assurée, les groupes "religieux" s'octroyant des droits sur les groupes "touristes." Canaliser plus de deux millions de visiteurs venant faire leurs dévotions n'est pas simple!
Ce qu'en dit l'encyclopédie en ligne :
L'église est actuellement administrée conjointement par l'Église orthodoxe de Jérusalem, l'Église catholique et l'Église apostolique arménienne. Toutes les trois maintiennent des communautés monastiques sur le site. Un firman a fixé, en 1852 sous l'Empire ottoman, les droits, devoirs, privilèges et titres de propriétés des diverses autorités ecclésiastiques qui ont la garde des Lieux Saints. Ce « statu quo », toujours en vigueur à ce jour, est garanti par le traité de Berlin (1878).
Malgré le statu quo, la cohabitation des Églises orthodoxe (avec en premier lieu le patriarcat grec qui détient déjà le plus de droits par rapport aux autres Églises et qui tend à réclamer l’usage exclusif des espaces les plus stratégiques dans les principaux lieux saints de Jérusalem), catholique et arménienne qui administrent la basilique, reste difficile. La rivalité fanatique sur le contrôle spatial et temporel du sanctuaire se traduit par des conflits dont les plus graves éclatent lors des cérémonies solennelles impliquant la participation concomitante de plusieurs Églises. Si l'anarchie liturgique peut être vue comme un « témoignage de la richesse des traditions chrétiennes de Terre sainte », ces conflits peuvent aller dans les cas extrêmes jusqu'à l’agression physique (deux Franciscains tués en 189343, cinq prêtres et deux policiers blessés en 2007, rixe en 201144) des représentants du clergé de ces Églises45.
Pour comprendre: description du lieu suivant Wikipédia
Située sous la basilique, la grotte rectangulaire de 12,3 m de long, 3,5 m de large et 3 m de hauteur, illuminée par 53 lampes, consacre le site où Jésus serait né selon la tradition chrétienne. Ses parois naturelles, décorées à l'époque de Constantin, sont recouvertes de marbre à l’époque byzantine. Deux escaliers latéraux semi-circulaires, construits à l'époque justinienne, mènent à deux portes en bronze, de la même époque, qui permettent d'accéder à la Grotte. Devant l'afflux de pèlerins, la visite est très réglementée (file d'attente, timing assuré par un factionnaire, entrée par la porte sud, sortie par la porte nord)53.
Selon la tradition, l'endroit exact est indiqué sous l'« autel de la Nativité » (autel mis en place à l’époque byzantine, dans une niche) par une étoile en argent54 à quatorze branches (représentant les 14 stations du chemin de croix ou symbolisant les trois séries de quatorze générations entre Abraham et Jésus55), percée d'un trou qui permet au pèlerin d'embrasser la roche originelle (lissée par le passage de millions de mains de pèlerin) car le reste du sol est recouvert de marbre. Cette étoile a fait l'objet de conflits internationaux : installée par les catholiques en 1717, elle est enlevée par les Grecs en 1847, ce qui est un des éléments déclencheurs de la guerre de Crimée56. Elle est finalement remise en place par le gouvernement turc en 1853. Incrustée dans le sol de marbre, l'étoile est entourée par 15 lampes d'argent brûlant jour et nuit (six appartenant aux Grecs orthodoxes, quatre aux catholiques et cinq aux Arméniens) et a comme inscription en latin « Hic de Virgine Maria Iesus Christus natus est » (« ici naquit Jésus-Christ de la Vierge Marie »)57.
Cet autel est un lieu neutre, même s'il est essentiellement sous l'influence de l'Église apostolique arménienne. Les murs de la grotte sont en partie recouverts de marbre, de draperies de soie et de bougran dont les couleurs sont changées en fonction du calendrier liturgique. Les trous dans les draperies permettent d'accéder au mécanisme faisant descendre les lampes suspendues. Un autre autel dans la grotte (l'« autel de la mangeoire » appelé aussi « autel de la crèche » exclusivement utilisé par les Latins), mis au jour par les catholiques, marque traditionnellement le lieu où Marie a installé le nouveau-né dans la mangeoire. En face, se trouve l'« autel de l'adoration des trois mages » que décore un tableau représentant cet événement58.
Diaporama des photos (il se produit parfois un petit problème que je n'arrive pas à résoudre)
Nous arrivâmes à l'heure, avec notre guide chrétien arabe, notre groupe comptait 15 personnes, 3 amis à mobilité réduite avaient choisi de rester dans le presbytérium et de se priver de la visite de la grotte de la nativité. À notre arrivée un pèlerinage Russe Orthodoxe (50 pèlerins environ) et ses popes mettaient des barrières pour empêcher la resquille. Ils ont pris notre tour...on était si peu....on était touristes.... bref, on ne faisait pas le poids! Nous avançâmes, serrés comme poissons dans les filets de la pêche miraculeuse. Certains d'entre nous resquillèrent un brin en s'infiltrant parmi les pèlerins. Moins vite qu'un escargot le groupe et ses resquilleuses (dont moi) avança...collé...serré... eux priants et nous bavardant...Espérant aller plus vite, Roger , de mon côté se déplaça! Mauvaise idée, les pèlerins, par un blocage efficace, l'isolèrent... Lentement la masse compacte avançait, faisant le tour de la grotte pour arriver aux escaliers de l'entrée Sud. Quand ce fut mon tour, je vis, avec surprise, un service d'ordre qui donnait l'accès aux VIP! Et qui est VIP dans ce lieu ? des Popes, ventrus, arrogants, plus jeunes que moi et que ma compagne d'infortune. Je ne pu, qu'à haute voix, déplorer le fait en ne cachant ni mon mépris ni le fait que ces personnes, cultivées par ailleurs, comprenaient parfaitement et se fichaient complètement de mon ressenti. L'aventure continue, le lieu est étroit, on ne passe qu'un par un. Devant moi, ça va toujours très lentement, nos pèlerins russes avancent, un Pope attend et dirige chaque nouvel arrivant. Il est invité à avancer sur le lieu présumé de la naissance de Jésus, il est prié de se courber et de prier en avançant dans la grotte pour toucher l'étoile qui recouvre la roche. Il se relève et reçoit la bénédiction de son Pope qui lui remet une image. Ensuite c'est la sortie par l'accès Nord. C'est mon tour, le Pope me regarde, j'avance et " ho! impie" je prends une photo. Il me fusille du regard (j'ai la tête non couverte à cause d'une écharpe perdue au mauvais moment) C'est à mon tour de sortir par l'accès obligatoire. Je retrouve Roger, remonté comme une pile parce qu'il n'a pas pu entrer! Il est avec nos amis à mobilité réduite. Ils ont pu accéder par la porte Nord grâce au guide. C'est un accès strictement interdit, mais comme le groupe de pèlerins sort lentement pour cause de dévotions je propose à Roger de le guider . Et nous voilà dévalant les marches et à 2 mètres de la grotte et de son étoile. Tel la statue du commandeur dans "Don Juan de Mozart" le Pope et ses images Saintes me fusille du regard et tonne "D'où venez-vous?" Je m'explique "Sortez" dit le commandeur, j'insiste deux fois pas intimidée pour un brin. Ça commence à faire du bruit notre altercation, devant mon entêtement le commandeur tend le bras avec un doigt autoritaire vers quelque chose derrière moi "J'appelle la police" Ben effectivement la police est arrivée la main sur un objet contondant! Allez femme impie et rebelle y a plus qu'à sortir si tu veux continuer ton voyage.