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De Brest à Vladivostok,en passant p ar les capitales d'Europe du Nord, et une escapade en Mongolie, billets d'humeur d'une voyageuse. Europe centrale

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Budapest Côté Buda

Budapest

 

Petit matin gris de pluie, et première petite contrariété: comme chaque matin nous récupérons les tickets d'excursions glissés sous la porte de notre cabine. La visite du parlement ne pourra pas avoir lieu, une délégation chinoise imprévue va être reçue et sécurité oblige, on est viré. Pas de chance, pour mon deuxième voyage à Budapest, j'avais focalisé sur cette visite.

 Synagogue de Dohány utcaAussitôt le nez hors du bateau, la Nagy Zsinagóga sur Dohány utca se dessine derrière les gouttes de pluie. Elle aurait le privilège d'être la plus grande synagogue d'Europe et deuxième du monde. Style mauresque fièrement affiché. Nous n'avons pas vu , dans la cour intérieure, l'Arbre de vie, planté au-dessus  de la fosse commune creusée en 1944/45. C'est un saule pleureur dont chaque feuille d'argent porte le nom d'une victime. Ce jour là, le ciel aussi pleurait!

 

 

Ma référence littéraire pour cette croisière sur le Danube titre : Budapest, juive et martyre. Tout l'article ici

« D’innombrables nationalités se sont installées au bord de ce fleuve au puissant courant qui a vu et subi tout ce que les peuples d’Europe centrale et du sud-est sont parvenus à faire, et à se faire. Tout ce qui nous fait frémir de peur, les grimaces du chauvinisme, la haine des peuples liés pourtant les uns aux autres et s’affrontant périodiquement, le fanatisme de l’étroitesse d’esprit, la destruction de la nature, la marche nivelante du progrès, tout cela s’est déjà passé au bord du fleuve et sans doute sur un mode encore plus dévastateur qu’ailleurs. »
Karl-Maria Gauß

Le mémorial  « Les chaussures au bord du Danube » sur la rive gauche du Danube budapestois 

 

Ce mémorial, je ne l'ai pas vu.

 

Les références littéraires, sur le site "Danube culture" font intervenir des Architectes, comme Le Corbusier, et des écrivains  comme paul Morand. Les   regards d'écrivains  permettent une approche singulière de la ville et de son histoire, je vous invite à consulter le site en cliquant sur le lien ci-dessus.

 

Notre errance pluvieuse commence par le côté Buda de la perle du Danube. Colline du château

Les premières traces d'installations humaines auraient été découvertes sur cette colline. Depuis, les choses ont singulièrement changé. Embouteillage garanti : j'ai l'impression, en écoutant les diverse conversations, d'être dans la tour de Babel.

 Esplanade du bastion des pêcheursC'est la foule pour visiter le bastion des pêcheurs. Deux accès possibles, par la route évidemment, mais les sportifs pourront prendre de préférence le magnifique escalier entouré par les six tours désservies par deux étages de corridors.

 

 un des bastions

 Le bastion des pêcheurs. Bastion ou belvédère? L'ouvrage est bien trop élégant et fragile pour un usage militaire.  Le nom du Bastion vient de son passé. Construit à l'emplacement de l'ancien marché aux poissons entre 1890 et 1905, il sert maintenant de support photographique pour les milliers de visiteurs. La corporation des pêcheurs était chargé de la défense de cette partie des remparts.

 le bastion des pêcheurs

  Notre guide a des quantités de choses à Statue de Saint Stephen nous dire sur l'esplanade du Bastion. Pendant une visite de site, j'ai toujours la même équation à résoudre : attendre que le flux touristique se raréfie pour obtenir mon cliché et ne rien perdre des informations données tout en ne perdant pas de vue mon groupe noyé dans la foule désordonnée. Heureusement, l'audiophone rivé à mon oreille me sert de "ligne de vie"...enfin tant que je ne suis pas trop loin...ce qui m'arrive fréquemment. 

Sur l'esplanade, impressionnant et altier sur son socle ouvragé, Saint Stephen. Impressionnant également le fier destrier avec son caparaçon à pendeloques monté par le premier roi de Hongrie avec sa couronne royale à la croix penchée... Penchée? Pourquoi penchée? Voici ce que j'ai trouvé sur le site cityzeum.com. : C’est la couronne que la tradition lui attribue, mais qui dans la réalité avait été envoyée par le pape à l’un de ses successeurs. Cette couronne est surmontée d’une énigmatique croix penchée, aussi penchée que la tour de Pise, que tous les visiteurs, tous les touristes sans exception croient a priori investie d’une signification symbolique précise. Et vous attendez donc de savoir laquelle. Et bien il n’y en a aucune : dans l’une des tribulations des parures royales, qu’il a fallu mettre en sûreté, cacher etc., la croix a été tordue, et on ne l’a jamais redressée depuis ! Tout simplement. Enfin, il y a quand même une petite histoire : une reine de Hongrie qui devait la dissimuler l’aurait enfouie sous des coussins et se serait assise dessus. Or elle était corpulente : et voilà, malgré les coussins, pourquoi la croix est tordue ! Par contre, la double croix, qui fait penser à la croix de Lorraine, et que Saint-Étienne tient à la main, est la croix «apostolique». Autrement dit, elle symbolise le rôle d’apôtre, de propagateur de la foi du 1er roi, qui convertit son peuple et organisa l’église de Hongrie. Et du coup, lui et ses successeurs jusqu’au Habsbourg en 1918 auront le droit de nomination des évêques. C’est ce que signifie le titre de souverains apostoliques. En tout cas, cette croix est un très ancien symbole national de la Hongrie, et elle figure toujours dans son blason. Mais revenons au personnage même du roi : C’est le 25 décembre de l’an mil, ou peut-être le 1er janvier 1001 qu’Étienne Ier a été couronné roi, avec une couronne envoyée par le pape Silvestre 2, qui était le pape auvergnat Gerbert d’Aurillac. Baptisé quelques années auparavant, Étienne avait en effet choisi Rome plutôt que Byzance, pour lui-même et pour ses sujets: la Hongrie ne serait donc pas orthodoxe, mais catholique. Avec lui commençait la 1ere dynastie, celle des Árpád, qui allait durer 3 siècles, avant que ne lui succède la dynastie d’Anjou, pour un peu moins d’un siècle celle là. Regardez pour finir le piédestal, dessiné par Frigyes Schuleck, et ses bas-reliefs : sur l’un d’entre eux, l’architecte se présente devant Saint-Étienne ! 

 

 

Budapest Côté Buda

Église Matthias de Buda dite aussi - Notre-Dame de l'Assomption 

 Église Mathias dite aussi Église Notre-Dame-de l'Assomption

C'est la minute romantique: souvenez-vous du film "Sissi", c'est dans cette église que le 8 juin 1867, François-Joseph et Élisabeth sont couronnés roi et reine de Hongrie et Frantz Liszt compose la musique de cet évènement. Imaginez aussi, Sissi rapiéçant, comme le veut l'usage, le manteau royal du premier roi chrétien István.

 Voilà qui ne doit pas faire oublier le contexte politique, nettement moins romantique = voir le compromis de 1867. Il n'empêche, le coeur des hongrois bat toujours au rythme du bourdonnement des cloches de son église, et son toit très ouvragé en met plein la vue.

 

 

Messe du couronnement : Je vous ai choisi le "Bénédictus" émouvant et romantique à souhait.

Bonne écoute!

Dans cet article, plus haut, à gauche, ne manquez pas un autre angle de vue de l'église.

 

Tout près, sur une place circulaire, une Colonne de la peste s'inscrit sur un ciel toujours gris. Celle-ci a été érigée en 1714. Comme ses consoeurs elle sera rebaptisée colonne de la peste "colonne de la Trinité" C'est l'oeuvre de l'architecte   Fülöp Ungleich. Période baroque aidant, les détails ne manquent pas : regardez les nuages en excroissances sur le fût! En arrière plan, un immeuble néo-gothique, il a abrité le ministère des finances.   

 galerie et musée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toujours à Buda, notre guide nous emmène vers un autre lieu chargé d'histoire, l'ancien château. Après moultes destructions et reconstructions, il abrite aujourd'hui, une galerie d'art...que nous ne visiterons pas. Mais, devant, plusieurs groupes statuaires méritent attention :

Budapest  Turul, l'oiseau du mythe des origines

Je vous présente  Turul, l'oiseau du mythe des origines Magyars prenant son envol depuis l'esplanade du château de Budapest. La légende raconte qu'un des 7 chefs de tribus magyares qui arrivèrent dans le bassin des Carpates, a pu voir le jour parce que sa mère aurait été fécondée par Turul dans son sommeil. C'est ce grand  volatile inquiétant qui aurait guidé les tribus pendant leur migration. L'oiseau représente donc la nation, et on peu le voir un peu partout. La plus grosse représentation de Turul se trouve sur les montagnes qui surplombent "Tatabánya", à l'ouest de Budapest.

Dans sa légende, il est posé habituellement à la cime de "l'arbre du monde = Világfa" Il veille sur les nimbes, sur les esprits des enfants à naître. Par extension cet oiseau mythique est maintenant associé à l'imaginaire nationaliste de la droite et l'extrême droite hongroise. 

 

  statues commémoratives de la guerre 1914 1922

  statues commémoratives de la guerre 1914 1922

 

 

 

 

 

 

Sur Ybl Mikklós tér, deux groupes de statues commémoratives de la guerre 1914 1922 sont a voir  à l'entrée du musée à Budapest.  Pour la Hongrie cette guerre a une double signification. D'une part c'est un conflit entrainant une dévastation sans précédent, mais c'est aussi la fin de l'unité du pays. Le déclenchement de la guerre en juillet 1914 avec la Serbie a entrainé le conflit mondial. Pendant les 51 mois de guerre le pays a donné environ 3 800 000 soldats. La grande guerre a marqué les hongrois par les pertes démentielles et inoubliables qui ont touchés toutes les familles. Fresque historique de cette période à lire dans ce long article d'Hérodote.net Un numéro de la revue "Le Figaro Histoire" reprend la même fresque historique en titrant : 1914 l'été meurtrier. 

À chaque voyage, la violence des guerres apporte ses ombres.  Je pars pour rencontrer le monde, admirer des paysages et à chaque fois l'histoire vient me tenir un tout autre discours. Pour aujourd'hui on va s'arrêter là et profiter du paysage et des vues magnifiques de la ville et du Danube, même par temps grincheux. Vue d u pont des chaines depuis la Colline du Château

 Vue de Budapest depuis la Colline du Château

 

 

 

 Vue de Budapest depuis la Colline du Château

 

 

 

 

Fin de la visite du côté Buda, il reste Pest ...à suivre

 

 

 

 

 

 

 

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