De Brest à Vladivostok,en passant p ar les capitales d'Europe du Nord, et une escapade en Mongolie, billets d'humeur d'une voyageuse. Europe centrale
C'est un bel endroit pour musarder, pour mettre ses pas dans ceux des pèlerins et des tailleurs de pierres se rendant sur le chantier de la cathédrale. Peut-être y rencontrerons-nous le Maître Anton Pilgram, coiffé de son couvre-chef et tenant équerre et compas. Il se fraye un chemin entre les échoppes, le chaos des bâtisses, l'attraction des gargotes. L'endroit n'a pas foncièrement changé, et à ce capharnaüm il convient d'ajouter les nuées de touristes.
Le contre-jour ne permet pas d'observer le détail de la fontaine Josefsbrunnen. Le piedestal de marbre blanc reprend diverses scènes bibliques et aussi un lion semblant sortir d'un hublot et crachant un petit filet d'eau. Juché sur le socle, Joseph et l'enfant Jésus accroché à ses basques donne l'impression d'un personnage n'étant pas particulièrement heureux de la situation.
Les échoppes d'autrefois ont subit un sérieux lifting : ici Wüstenrot Versicherungs-AG, une chaine de magasin implanté dans un bel immeuble sur Graben
Anton Pilgram ne l'a pas vue cette colonne , elle a été érigée vers 1679 après une épidémie de peste qui décima la population de la ville. Les grands de cette époque, comme tout le monde, essayaient d'y échapper , ce fût le cas de l'empereur Léopold I. Il a plié bagage rapidement mais, pour ses sujets, il fit le voeu d'élever un monument quand la terrible peste aurait elle aussi, quitté Vienne. Chose promise, chose due, et c'est à Paul Strudel qu'incomba cette tâche. L'oeuvre, "Pestaüle" représente la Sainte Trinité.
Ce qu'écrit à ce sujet , wiki : Les colonnes de peste baroques ont fait leur apparition en Europe centrale au XVIIe siècle sous l'influence du Concile de Trente (...) La colonne de la Sainte Trinité de Vienne située sur le Graben est la plus représentative de ces colonnes dites de peste. Édifiée par Léopold Ier de Habsbourg après l'épidémie de 1679, elle montre de manière saisissante l'horreur du calvaire des victimes tout en célébrant la victoire de la puissance de la religion à travers la représentation d'une jeune femme brandissant une croix. Mais le commanditaire prend soin de faire représenter les emblèmes glorieux de l'empire et la prière en latin de remerciement pour la fin de l'épidémie qui représente Léopold comme humble serviteur de Dieu ne fait que souligner par contraste sa puissance.
L'article complet est à consulter Ici
Pour ma part, je remercie humblement les bienfaiteurs de l'humanité !
Un autre bel immeuble situé au 8 sur Graben
Au détour de Graben, la majestueuse cathédrale Saint Étienne, (Stephansdom en allemand) et son portail central dit "La porte de géant" apparaît! Les Viennois l' appellent "Steff'I"
Mozart a épousé sa chère Constance Weber dans ce sanctuaire en 1782.
Le clocher (Steffel- la tour sud) culmine à près de 140m de haut! La toiture reflète la fierté Viennoise et son amour de la patrie. avec cet emblème de l'Autriche-Hongrie : l'aigle bicéphale. Cette photo vient du Net, c'est une capture d'écran un peu floue. Notre guide n'était pas très bavarde et pas très enthousiaste , heureusement Anton Pilgram s'est montré plus bavard!
Difficile de prendre un cliché de "Steff'I", l'édifice est enserré dans un tissu dense urbain. Grand angle obligatoire pour les photos. J'ajoute à mon smartphone un petit objectif très efficace. Bon il faut bien admette que ma protection d'écran en accepte mal les conséquences, mais le minuscule objet fait le job.
Une tour, non visible sur mes photos accueille un bourdon extrêmement lourd, 20 tonnes. Die Pummerin, chaque nouvelle an, annonce la dernière minute de l'année de ses 12 coups. Ci-dessous une vidéo pour se mettre dans l'ambiance!
Le Porche Géant tient son nom du fait qu'un os, un tibia de mammouth , était enchâssé dans le mur. Il n'a pas survécu aux agrandissements et divers aléas subis par le monument.
Le moment est venu de franchir le porche. Le jour de notre passage, le choeur était envahi par des pierres en suspensions.
En fait, la cathédrale accueillait une oeuvre temporaire : La lapidation
Impossible de retrouver le nom de l'artiste.
En bas à gauche sur la photo ci-dessus, le travail de Maître Pilgram se laisse admirer par les badauds : la dentelle de pierre de la chaire.
Sous le buffet de l'orgue Anton Pilgram avec équerre et compas, et la dédicace" Maître Anton Pilgam 1513" observe son oeuvre et les personnages de la chaire regardent leur sculpteur.
Ci-dessus, l'accès à la chaire, et à droite, une vue serrée du support de l'orgue avec Anton Pilgram à la base . Avec les jeux de lumières , c'est une image magique.
Ces images ne sont qu'un faible aperçu des richesses de la Cathédrale, mon choix s'est porté sur le fil laissé par le Maître tailleur de pierres, des sites plus exhaustifs existent.
Concert ce soir dans une des nombreuses salles qu'offre Vienne. Pour nous ce sera l' assez chicos "Kursalon".
Soirée habillée, notre groupe arrive en premier et chacun profite de l'instant. Les grandes baies drapées de voiles légers, laissent entrevoir, malgré la pénombre du soir, des jardins soignés. Les lustres impressionnants font scintiller leurs pendeloques . Dans un alignement parfait, les chaises attendent les séants des mélomanes. Un jeune homme superbe, à la coiffure romantique, guide les premiers arrivants. Il s'exprime dans la langue de Goethe. Les élégantes et leurs chevaliers servants avancent doucement, ils hésitent, ils s'égayent en désordre dans la vaste salle. Goethe s'exprime dans le vide et, exaspéré d'être incompris, perd son sang-froid. Il monte le ton et avec de grands gestes, indique le carré qui nous est réservé. Son expression est si abrupte, si péremptoire à l'adresse des beautés fanées aux pas parfois hésitants, accompagnés des papys parfois cacochymes, qu'une broncha monte immédiatement du groupe. Encore un peu et il nous gâchait la soirée....ce loustic à la jeunesse insolente avec son aptitude innée à faire règner l'ordre.
Place à la musique, à la magie des voix, à la grâce des danseurs. Nous irons à l'entracte déguster une petite coupe accompagnée de mignardises. Elle ne proviennent pas de chez Demel, mais on s'en contentera.
Les vidéos et les photos sont interdites pendant le concert. De cet agréable moment je garde deux heures d'enregistrement audio que j'écoute en écrivant ce blog.
La nuit étend ses voiles bleus,
au réveil, demain, nous serons à Bratislava