Les temps changent. Il y a deux générations les zélotes ayant résisté aux Romains à Massada avaient une réputation de héros. Maintenant, ils passent plutôt pour des fanatiques défendant une cause perdue.
De Brest à Vladivostok,en passant p ar les capitales d'Europe du Nord, et une escapade en Mongolie, billets d'humeur d'une voyageuse. Europe centrale
Pour les plus courageux, n'hésitez pas à prendre le "sentier du serpent" , si possible de nuit, pour admirer le lever du soleil! Nous on a préféré le téléphérique, de jour! C'était un grand moment, la vue sur le désert environnant explique la fascination qu'exercent les déserts. L'accès à pied est possible par la rampe construite par les romains pour vaincre la ville.
Un petit film, en Français, essaie d'expliquer l'histoire en laissant chacun libre de sa perception du drame qui s'est joué en ces lieux!
Quelque 75 ans après la mort d'Hérode, au début de la guerre des Juifs contre Rome, en l'an 66 de l'ère chrétienne, un groupe de rebelles juifs vainquit la garnison romaine de Massada. Après la chute de Jérusalem et la destruction du Temple (70 de l'ère chrétienne), ils y furent rejoints par des zélotes et leurs familles, fuyant Jérusalem. Prenant Massada pour base, ils effectuèrent des raids et harcelèrent les Romains durant deux ans. En l'an 73 de l'ère chrétienne, le gouverneur romain Flavius Silva marcha contre Massada avec la Dixième légion romaine, des unités auxiliaires et des milliers de prisonniers de guerre juifs. Les Romains dressèrent des camps au pied de Massada, mirent la place en état de siège et édifièrent des retranchements. Puis ils construisirent un rempart de milliers de tonnes de pierres et de terre battue contre le flanc ouest de la forteresse et, au printemps 74, ils firent monter un bélier mobile le long de cette rampe et opérèrent une brèche dans la muraille de la forteresse.
L'histoire nous est contée ici :https://www.herodote.net/2_mai_73-evenement-730502.php
Tout en haut de la forteresse
Le site de cette forteresse est à mon sens un des plus spectaculaires d'Israël. Il est intégré aux falaises qui s'élèvent jusqu'au plateau du désert de Judée, mais il est isolé par de profonds oueds au nord, au sud et à l'ouest.
Un arbre desséché crie toujours sa douleur sur fond de mer Morte. Sous le ciel vide et implacablement bleu, il lève ses branches frêles et demande grâce pour les enfants innocents.
Ce qu'en disent les diverses encyclopédies :
Le courant des Zélotes « se définit par un nationalisme intransigeant et agressif. Appelant de tous leurs vœux l’instauration du Royaume, ses tenants estiment devoir en hâter la venue par la violence. L’étranger est pour eux l’ennemi. ils dressent des embuscades, manient le poignard (d’où le nom de sicaire qu’on leur donnait parfois ), entretiennent en Palestine un climat d’insécurité et d’agitation chroniques. Ils sont, de façon très directe, à l’origine de la révolte de 66-70
Flavius Josèphe affirme que le leader nationaliste Judas de Gamala fut à l'origine d'une « quatrième secte » (après les Sadducéens, les Pharisiens et les Esséniens), qu'il décrit ainsi :
« Judas fut l'auteur de la quatrième secte. Elle s'accorde en toutes choses avec celle des Pharisiens, excepté que ceux qui en font profession soutiennent qu'il n'y a que Dieu seul que l'on doive reconnaître pour Seigneur et pour Roi. Ils ont un si ardent amour pour la liberté que les genres de mort les plus extraordinaires, les supplices les plus atroces, qu'ils subissent eux-mêmes ou laissent souffrir aux personnes qui leur sont les plus chères, les laissent indifférents pourvu qu'ils n'aient à donner à nul homme le nom de Seigneur et de Maître.
Comme bien des gens ont été témoins de la fermeté inébranlable avec laquelle ils subissent tous ces maux, je n'en dirai pas davantage, non de crainte de ne pas être cru, mais plutôt de peur que mes paroles ne donnent une idée trop faible du mépris avec lequel ils supportent la douleur. » (Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, XVIII, 2).
Partisan de composer avec la puissance romaine, Flavius Josèphe reproche amèrement aux Zélotes leur fanatisme qui est selon lui à l'origine de la catastrophe.
Vers l'époque de la chute du Temple (70), leurs chefs sont Jean de Gischala et Eliazar. Ce dernier, après la destruction de Jérusalem, prend la tête de l'armée de Massada avec 960 personnes - les guerriers, les femmes et leurs enfants - faisant face aux légions romaines estimées à 15 000 hommes. Préférant mourir que de se rendre, les derniers Zélotes se suicidèrent avec leurs familles, laissant aux Romains un sentiment d'amère victoire".
Les temps changent. Il y a deux générations les zélotes ayant résisté aux Romains à Massada avaient une réputation de héros. Maintenant, ils passent plutôt pour des fanatiques défendant une cause perdue.
Un grand feu embrasa la citadelle! Il fallu attendre le refroidissement des décombres pour ne trouver que des corps alignés. Perdre leur citadelle et devenir tous des esclaves n'était pas acceptable pour les zélotes. ils ont d'abord sacrifié leurs familles respectives avant de procéder à un tirage au sort parmi les 10 restants. Les fouilles entreprises mettront au jour les tessons ayant servi à ce tirage au sort, l'un d'eux porte, bien visible, le nom de Ben Yair. C'est peut-être celui qui a éxécuté ses neufs compagnons avant de se donner la mort.
Tout près par la distance, des grottes et un autre site. Plus loin dans le temps, des jarres et des manuscrits racontent une vieille histoire ..... à suivre....