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De Brest à Vladivostok,en passant p ar les capitales d'Europe du Nord, et une escapade en Mongolie, billets d'humeur d'une voyageuse. Europe centrale

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Les rues de Sofia

Oublions les églises et les châteaux pour regarder la vie dans les rues de Sofia

 

Les rues de Sofia Petite fille + chien assoupi et pigeon curieux

Une scène attendrissante, comme on les aime : une maman et ses enfants.

Il n'y a pas si longtemps, l'Unicef déclarait dans un rapport publié fin 2012 : "La Bulgarie est le pire pays au monde pour l'abandon des enfants âgés de 0 à 3 ans (780 abandons pour 100.000 naissances). Une situation héritée de l'époque communiste. La Bulgarie était alors classée par l'organisation onusienne parmi les quatre Etats avec la Bélarus, la Bosnie-Herzégovine et la Russie ayant un taux extrêmement élevé d'abandon dans les foyers d'enfants de moins de 3 ans."

Lien vers l'article complet.

Une question se pose : quels étaient les moyens de contraceptions dans les pays communistes de l'époque? Pour avoir eu la chance de travailler en Russie soviétique et ses républiques satellites comme le Kazakstan et l' Ukraine, j'ai toujours entendu la même réponse : la régulation des naissances était possible uniquement par l'avortement pratiqué gratuitement dans les hôpitaux. 

 

 

Les rues de Sofia Une mame SDF et ses pigeons

Les rues de Sofia La dame aux pigeons

 

Un petit poème en prose de Baudelaire : Les Yeux des pauvres.

Ah ! vous voulez savoir pourquoi je vous hais aujourd’hui. Il vous sera sans doute moins facile de le comprendre qu’à moi de vous l’expliquer ; car vous êtes, je crois, le plus bel exemple d’imperméabilité féminine qui se puisse rencontrer.

Nous avions passé ensemble une longue journée qui m’avait paru courte. Nous nous étions bien promis que toutes nos pensées nous seraient communes à l’un et à l’autre, et que nos deux âmes désormais n’en feraient plus qu’une ; — un rêve qui n’a rien d’original, après tout, si ce n’est que, rêvé par tous les hommes, il n’a été réalisé par aucun.

Le soir, un peu fatiguée, vous voulûtes vous asseoir devant un café neuf qui formait le coin d’un boulevard neuf, encore tout plein de gravois et montrant déjà glorieusement ses splendeurs inachevées. Le café étincelait. Le gaz lui-même y déployait toute l’ardeur d’un début, et éclairait de toutes ses forces les murs aveuglants de blancheur, les nappes éblouissantes des miroirs, les ors des baguettes et des corniches, les pages  aux joues rebondies traînés par les chiens en laisse, les dames riant au faucon perché sur leur poing, les nymphes et les déesses portant sur leur tête des fruits, des pâtés et du gibier, les Hébés et les Ganymèdes présentant à bras tendu la petite amphore à bavaroises ou l’obélisque bicolore des glaces panachées ; toute l’histoire et toute la mythologie mises au service de la goinfrerie.

Droit devant nous, sur la chaussée, était planté un brave homme d’une quarantaine d’années, au visage fatigué, à la barbe grisonnante, tenant d’une main un petit garçon et portant sur l’autre bras un petit être trop faible pour marcher. Il remplissait l’office de bonne et faisait prendre à ses enfants l’air du soir. Tous en guenilles. Ces trois visages étaient extraordinairement sérieux, et ces six yeux contemplaient fixement le café nouveau avec une admiration égale, mais nuancée diversement par l’âge.

Les yeux du père disaient : « Que c’est beau ! que c’est beau ! on dirait que tout l’or du pauvre monde est venu se porter sur ces murs. » — Les yeux du petit garçon : « Que c’est beau ! que c’est beau ! mais c’est une maison où peuvent seuls entrer les gens qui ne sont pas comme nous. » — Quant aux yeux du plus petit, ils étaient trop fascinés pour exprimer autre chose qu’une joie stupide et profonde.

Les chansonniers disent que le plaisir rend l’âme bonne et amollit le cœur. La chanson avait raison ce soir-là, relativement à moi. Non-seulement j’étais  attendri par cette famille d’yeux, mais je me sentais un peu honteux de nos verres et de nos carafes, plus grands que notre soif. Je tournais mes regards vers les vôtres, cher amour, pour y lire ma pensée ; je plongeais dans vos yeux si beaux et si bizarrement doux, dans vos yeux verts, habités par le Caprice et inspirés par la Lune, quand vous me dites : « Ces gens-là me sont insupportables avec leurs yeux ouverts comme des portes cochères ! Ne pourriez-vous pas prier le maître du café de les éloigner d’ici ? »

Tant il est difficile de s’entendre, mon cher ange, et tant la pensée est incommunicable, même entre gens qui s’aiment ! 

 

Les rues de Sofia Terrasse sympa et tram de Sofia

Le charme désuet du tram Bulgare 

La carrosserie, jaune d’œuf et blanc cassé, relevés d’un liseré rouge, semble conçue dans ce matériau composite qu’on avait inventé en Allemagne de l’est pour construire les Trabant. Le design, coupe carrée, portes accordéon vitrées, feux de signalisation simplement vissés au métal, semble furieusement vintage. Les rails, enchâssés dans le bitume craquelé ou posés au milieu de pavés disjoints, racontent une longue histoire. Les rames, uniques, s’arrêtent au milieu des boulevards, charrient leurs passagers encombrés à même le flot urbain et repartent en grinçant. Sofia, capitale de la Bulgarie, conserve l’un des tramways les plus dépaysant d’Europe. 

Il n'a pas pris une ride supplémentaire depuis la parution de l'article du "Monde" d'Olivier Razemon daté de 2013 : il a gardé tout son Intérêt

 

 

 

Les rues de Sofia Sur le banc

 

 

Les rues de Sofia Au restaurant

 

 Le Restaurant Shtastliveca Vitoshka  nous accueillera pour notre déjeuner : sympa, je vous le recommande!

 

Les rues de Sofia restaurant écrit en cyrillique

 

 

 

Les rues de Sofia avec un jeune homme sur son 31

Le "Jardin De La Ville", à Sofia, au centre du coeur battant de la cité, existe depuis 1872. Il a porté le nom de "Jardin Alexandre II" pour remercier les troupes du tsar Alexandre, d'avoir libéré la Bulgarie de la domination ottomane. Aujourd'hui, touristes, familles et joueurs d'échec s'y retrouvent avec plaisir. La forme de la fontaine et les jets d'eaux  sont motifs à contemplation. Ma photo est largement insuffisante pour en découvrir tous les charmes.

 

 

Les rues de Sofia et son artiste peintre

Heureux comme un artisan d'art à Sofia. C'est un contemplatif = l'aquarelle en bas à droite nous transporte sous la voûte étoilée!

 

Les rues de Sofia

Nous voilà tous arrêtés sous un arbre décoré de fils rouges et blancs tressés et nous écoutons avec intérêt notre guide locale qui sait tout sur tout : un vrai bonheur! Elle nous décrit  cette ancienne  tradition : La Martenitsa.

Les populations entrelacent un fil rouge et un fil blanc et les portent à la boutonnière. C'est une vieille  pratique rituelle des Thraces (une civilisation antique qui habitait la partie centrale de la péninsule des Balkans entre le IVième  millénaire avant l' ère chrétienne.  C'était tout un rituel mettant en scène  le "Fils céleste et la Déesse-Mère" Un fil blanc symbolisait le céleste et un fil rouge, le terrestre, et c'est en entrelaçant ces deux fils que se réalisait la réunification du ciel et de la terre. Cette dualité devenait unité et cette nouvelle entité marquait le renouvellement  de quelque chose, en l'occurence un nouveau cycle des saisons (la fête est célébrée le 1ier mars). Le bonhomme hiver, avec les froidures et les longues nuits étendait son empire lugubre et stérile, mais lorsque le Fils était réuni à la Déesse mère, lorsque le perce-neige ouvrait ses clochettes, le sort était conjuré. La nature s'éveillait à nouveau avec les premières floraisons et l'arrivée des oiseaux migrateurs. Chacun pouvait alors se débarrasser de ses fils tressés en les accrochant sur un arbre bien verdi ou le mettant sous une pierre. 

 

Notre charmante guide n'en a pas fini avec l'histoire de ces rubans et continue son récit avec une légende. Cette tradition aurait traversé les temps depuis l'époque des " Proto-Bulgares" et daterait des années de la formation de l'état en 681. En ce temps-là (comme on le lit dans les contes) les tribus des proto-bulgares s'installèrent dans le delta du Danube au grand dam des cités grecques et de Bizance. Se profilait donc une querelle portant sur la domination des lieux. La bagarre entre Bulgares et Byzantins avait une issue incertaine. Le khan bulgare devait trouver une idée pour signaler à ses population si  la bataille était gagnée ou, s'il fallait lever les campements et prendre la poudre d'escampette. Le khan a choisi comme émissaire son faucon. Si il avait un fil blanc à la patte : bataille gagnée, dans le cas contraire = fil rouge. L'attente fut longue pour le peuple. L'issue fut favorable aux bulgares et les byzantins plièrent bagages. Le Khan envoya son faucon muni de son fil blanc annonciateur de victoire. Mais, les byzantins connaissaient la coutume et ils tirèrent une volée de flèches au passage du rapace. Une seule de ces pointes assassines effleurèrent le volatil, et un peu de sang vint colorer le brin de laine. La peur des bulgares, quant ils virent le faucon, cessa quand ils constatèrent que le brin était juste souillé de sang et que la victoire était acquise.

Depuis cette date, chaque premier mars, les Bulgares épinglent un fil tressé blanc et rouge à leur boutonnière. Il s'en débarrassent aux premiers signes annonciateurs du printemps c'est à dire au retour des cigognes ou au fleurissent des perce-neige. Comme dans la tradition thrace, ils accrochent les rubans à un arbre.

Et on ne rigole pas avec cette tradition : Le Président et les ministres ne s'aviseraient pas de se montrer en public le 1ier mars sans leur martenitsa accrochée à la boutonnière!

En décembre 2018 l'UNESCO a inclus la coutume de Martenitsa au patrimoine mondial immatériel de l'humanté.

Avec le temps, c'est devenu une fête "porte-bonheur".  Pour aller plus loin et faire connaissance avec Baba Marta, la fête du premier mars : ici 

La martenitsa est représentée par deux personnages populaires "Pizho" en couleur blanche (c'est le mec) et Penda (la nana) en rouge.

 

 

 

Les rues de Sofia

 Observez bien le musicien, il joue d'un instrument comparable à une cornemuse. C'est une "gaïda" ou "gaida". Dans les Balkans, elle porte une foultitude d'autres noms " gaziagaidha'gajdygajdagajdekaida et cimpoï"  Merci wiki . Gaida, en grec ancien, signifie = chèvre.

 

 

Les rues de Sofia . On se marie aussi

On se marie toujours en Bulgarie C'était dans la basilique Sainte-Sophie = une belle toute construite en brique, à voir dans un prochain article. Le visage du marié est volontairement flouté.

Les rues de Sofia Les mariés

 

 

Ce n'est toujours pas le moment de reprendre le bus, nous avons  des lieux de cultes à visiter, mais les photos d'intérieures seront interdites.

Zone interdite...zone interdite...ça vous dit quelque chose?

 

 

 

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