De Brest à Vladivostok,en passant p ar les capitales d'Europe du Nord, et une escapade en Mongolie, billets d'humeur d'une voyageuse. Europe centrale
En l'an de grâce 1248, la première pierre de ce magnifique édifice est posée. Il faudra attendre 1322 pour voir le choeur achevé. On construit ensuite les premiers niveaux des tours, de la nef, et puis...Plus rien! Ces travaux qui n'en finissent pas ont lassé, il n'y plus de sous dans les caisses et puis surtout, la mode de l'art gothique est passée. Les travaux sont stoppés du jour au lendemain.
Et le temps passe...Des siècles entiers! les vents mauvais hurlent et se jouent de ce squelette de pierre à ciel ouvert. Sur la tour sud, à demi-construite, une misérable grue de bois finit par devenir le symbole de la ville. Tout aurait pu s'arrêter sur cette image lorsque la conjoncture de deux évènements improbables vont inverser le cours des choses.
Le premier est la découverte, totalement par hasard, en 1814, 6 siècles après la pose de la première pierre, du projet original de la façade de la cathédrale. Un parchemin du XIV siècle de 4 mètre de haut. Sa partie gauche dormait dans le grenier d'une auberge de Darmstat et l'autre moitié chez un antiquaire à Paris.
L'autre évènement est un phénomène de mode en Allemagne : Le Romantisme et avec lui, la mise en lumière du Moyen Âge. Une petite idée fait son chemin...Et si ?... Et si on achevait enfin la cathédrale de Cologne? En 1842 les travaux reprennent force et vigueur. Ils s'achèveront en 1842 pour se terminer en 1889 avec une inauguration en grande pompe par l'empereur Guillaume Ier
Détail du porche de la Cathédrale de Cologne. Le célèbre architecte Ernst Friedrich Zwirner réalisa les façades du transept pour lesquelles il n’existait pas de plans originels. Des centaines de sculptures furent exécutées pour les façades, les tours et les portails, de grands vitraux réalisés pour les fenêtres, et d’immenses portes en bronze coulées pour les entrées.
La haute qualité des travaux datés du 19e siècle font du Dom une oeuvre majeure de l’art néogothique.
Est-ce la fin de l'histoire? Hé non! La cathédrale frôle la mort moins d'un siècle plus tard. Durant la seconde guerre mondiale la ville de Cologne est quasiment anéantie, entre 80 à 90% de la ville est en ruine. On imagine de reconstruire entièrement la cathédrale sur un autre site...Seulement voilà: la cathédrale est toujours là, seule, majestueuse au milieu du néant. Pas question de l'abandonner, la ville relèvera ses ruines autour de cette belle rescapée
Modèle du fleuron sur les tours de la Cathédrale en grandeur originale. Hauteur 9,50 m, largeur 4,60 m. Le symbole de l’achèvement de la Cathédrale en 1880.
On reste aussi frappé par la couleur noire de la cathédrale, qui accentue le sentiment d’écrasement. Alors non, il ne s’agit pas d’une pierre volcanique. Non, il ne s’agit pas de la pollution. Non, on ne manque pas de moyens financiers pour restaurer la cathédrale… C’est en fait l’héritage des fumées du gigantesque incendie qui a consummé Cologne en 1945.
Il a été décidé de faire de cette noirceur un mémorial : la cathédrale a depuis été laissée en l’état et elle ne sera jamais nettoyée. Ah si, on a restauré un petit coin de la façade, à gauche. La pierre gris clair d’origine apparaît alors… Quel effort d’imagination pour se représenter l’édifice dans cette teinte !!
L'atelier des compagnons tailleurs de pierres. La fontaine
Côté ouest de la cathédrale de Cologne, une haute fontaine avec de grandes vasques soutenues par des colonnes sont parées de lions crachant des gerbes d'eau qui se déversent dans un bassin circulaire. Au-dessus de la petite vasque supérieure, une statue de St Pierre reconnaissable avec ses clés.
Une fontaine de légende : c'est Am Hof. La fontaine des Heinzelmânchen. Elle date de 1899, et représente une femme et des nains. En 1835, August Kopisch écrit une des plus belles histoires de la ville de Cologne. Il raco
nte le rêve de tout un chacun de ne plus avoir à travailler en remettant toutes les choses à faire au lendemain. La nuit venue, des petits lutins courageux achèvent tous les travaux des uns et des autres. Mais la femme du tailleur, trop curieuse, leur tendit un piège en semant des petits pois dans l'escalier. Depuis les Heinzelmänchen ont disparus...sauf dans les contes...
Sur la place du vieux marché se dresse une fontaine appelée "Jan de Werth Brunnen", elle date de 1884. En quoi ce brave Jan s'est rendu célèbre? C'était un mercenaire de la guerre de 30 ans. Il est devenu général de cavalerie et ses aventures et mésaventures ont fait de lui un personnage de légende. Outre Rhin Jean de Werth incarne le croque-mitaine.
Petite chansonnette à son sujet :
Jean de Vert était un soudard / De fière et riche famille / Jean de Vert était un richard / Moitié prime et moitié bâtard
Petits enfants, qui pleurera? / Voilà Jean de Vert qui s'avance / Aucun marmot ne bougera / Ou Jean de Vert le mangera!
Jean de Vert était un brutal / Qui fit pleurer le roi de France ; / Jean de Vert étant général / A fait trembler le cardinal
Petits enfants, qui pleurera? / Voilà Jean de Vert qui s'avance! / Aucun marmot ne bougera, / Ou jean de Vert le mangera!
C'est l'heure du goûter!
Cette fontaine sur Marsplatz à Cologne s'actionne avec le long bras terminé par un peson. Un peu plus loin, une sorte de pesage, du moins c'est ce que je suppose....mais je ne saurais pas expliquer son fonctionnement.
Ce sera le "mystère" du jour! Et demain sera un autre jour.