De Brest à Vladivostok,en passant p ar les capitales d'Europe du Nord, et une escapade en Mongolie, billets d'humeur d'une voyageuse. Europe centrale
Tour panoramique d’Edimbourg….proposé par notre voyagiste "Salaün Holidays", dans un bus qui ne l'est pas, panoramique!
Cette activité n’est pas ma tasse de thé, le bus nous promène dans la ville qu’on aperçoit derrière les vitres teintées. Le résultat : cela donne aux paysages une ambiance verdâtre accentuée par la grisaille et les gouttes d’eau, et à ce piètre tableau viennent s'ajouter les reflets renvoyés par le vitrage. Coté photo c’est zéro pointé d’autant plus qu’il faut se tordre le cou : une fois à droite, une fois à gauche, dans le cadre étroit de la fenêtre du véhicule. Longs arrêts avec explication de ce qu’on est sensé voir. Le commentaire ne manque pas d'intérêt, mais le micro hoquetant et un effet larsen persistant brouillera le message toute la matinée. Les tours panoramiques ne sont que du temps perdu. Qu'ai-je retenu, qu'ai-je vu? Pas grand chose. Ma seule bouée de sauvetage consistera à mettre des repères GPS sur nos différents "stops" pour suivre ensuite sur un plan nos déplacements. Pour suppléer aux défaillances micro on aurait pu utiliser les
audio-phones habituellement mis à disposition par notre voyagiste...mais à ce moment du voyage...sont-ils à disposition de nos chauffeurs et accompagnateurs?
Un petit exemple de ce qu'on aurait pu voir avec un stop photo : Le belvédère de Calton Hill. Parce que dans un bus, si vous êtes assis du côté opposé au monument à voir....vous êtes mal!
Ouf! tous dehors! avec arrêt au Palais Royal de Holyrood. The Queen y séjourne régulièrement environ une semaine en juin. Le must : pouvoir assister à la "Cérémonie des Clefs" lorsque le prévôt lui remet le précieux trousseau... qu'elle lui rend immédiatement au motif "qu'elles ne peuvent se trouver en meilleurs mains" (ça me rappelle quelque chose). Pour nous, ce sera "grilles fermées et travaux" donc c'est presque "Circulez y rien à voir", mais c'est nettement mieux que le huis-clos du bus! Une charmante hôtesse en kilt (la première jupette plissée du voyage) s'abritant sous un vaste parapluie écossais "of course" nous fait grâce d'un superbe sourire.
Attention, Edimbourg a deux châteaux : le Palace Royal et la citadelle perchée sur la colline de Castle Rock.
Nous sommes à l'extrémité de la principale rue d'Edimbourg : le Royale Mile qui va de l'esplanade du Château perché sur la colline centrale de la ville jusqu'au palais d'Holyrood. Un château peuplé de fantômes, et comme toujours, crimes violences et atrocités se sont invités entre ses murs : à lire en suivant ce lien. Un personnage de l'histoire de France, le Compte d'Artois, futur Charles X de France y passera 8 années d'exil (1796-1803)
Comme souvent, je me retrouve seule à musarder, à glisser un oeil entre les magnifiques grilles protégeant jalousement le mystère romantique des ruines de l'ancienne abbaye . Sur le mur de clôture jouxtant les portes ajourées en fer forgé, un superbe blason avec le drapeau orné de la croix de St André, blanche sur fond bleu et les chardons, sans oublier la majestueuse licorne : animal officiel représentant la nation depuis le règne de Guillaume 1ier d'Ecosse au XII ème siècle. Toute la fierté et l'indomptabilité du peuple Ecossais sont ici symbolisées avec cette licorne : l'animal préfère la mort plutôt que la vie en captivité, et sa corne, capable de purifier les liquides empoisonnés est synonyme de pureté et de virilité. Autre symbole : le chardon. La fleur officielle représentant l'Ecosse est assez "piquante" (normal pour un chardon). La légende raconte, qu'il y a fort longtemps, des vikings décidèrent d' attaquer le château de Staines de nuit et pour profiter au maximum de l'effet de surprise, quittèrent leurs croquenots. Manque de chance pour eux, les Écossais avaient rempli les douves assèchées de chardons. Ils se mirent à braire tels des ânes réveillant ainsi les Ecossais. C'est un peu comme l'histoire des oies du Capitole, donc, les vikings ratèrent leur coup. ☞
Ce qui est certain dans cette légende, c'est qu'en 1470, des pièces d'argent seront frappées avec l'emblème du chardon. Flower of Scotland est considéré comme un hymne officieux de l'Écosse, ce sont les supporters écossais des rugbymans des "Lions britanniques et irlandais " qui le mettront à l'honneur. La fédération écossaise de rugby à XV fait jouer l'hymne avant chaque match de l'Écosse depuis 1993 ☞
Mary's Bath House en photo ci-dessous. C'est une petite chapelle à échauguette près du Palais de Holyrood à Édimbourg. À la sortie du château, elle est située à gauche, toute timide à côté du Palace.
Holyrood park, 260 hectares et les escarpements de Holyrood Hill c'est un des plus beaux belvédères sur le cité, paraît-il, situé près du Palace, avec ses plans d'eau et surtout le nouveau Parlement d'Edimbourg et ses bassins à la géométrie inattendue .
Une architecture superbe, la légèreté du bois, le blanc crémeux des murs viennent se mirer dans les eaux des bassins à la géométrie heurtée. L' architecte catalan, Enric Miralles a souhaité réaliser "une fleur de la démocratie enracinée dans le sol écossais", la forme est visible à condition de s'offrir la grimpette de Salisbury Crags, du moins c'est ce qu'affirme le site "génération voyage"
Le contraste avec le Palais d'Holyrood et ce parlement est saisissant. Les perspectives entrevues dans le hall me laissent sans voix! Un lien pour soulever un peu le voile de cette réussite architecturale qui rachète les débuts décevants de cette journée.
Notre rendez-vous avec l’histoire, à savoir le château d’Edimbourg (il coiffe ce qui était il y a fort longtemps, un volcan, le deuxième de la ville,) est pour 11hr. Pour l’atteindre, première plongée dans le bouillonnement du festival qui occupe les rues de la cité…et croyez moi, c’est décoiffant! Le Festival Fringe d'Edimbourg rassemble toutes les formes d'expression des arts de la scène. C'est le plus grand du monde sur ce thème. En suivant ce lien, vous comprenez pourquoi le tour panoramique a été un véritable pensum, les principales rues sont inaccessibles et les accès des quartiers s'ouvrent ou se ferment en fonction des animations.
Au milieu de ce tumulte, la croix du marché "Mercat Cross" tangue un peu au rythme des musiques ambiantes. Proche de la Cathédrale St Gilles, mais noyée dans l'activité débridée du festival, on pourrait presque ne pas la remarquer. Déplacée plusieurs fois, démontée et remontée, que reste t'il en définitive de cette croix où les annonces civiques , les proclamations royales, les jugements étaient rendus publiquement. Certaines informations importantes comme les élections parlementaires se pratiquent toujours, en respectant un cérémonial très codé. Au sommet de la colonne, une Licorne, c'est une copie réalisée en 1869 qui serait inspirée d'une description contenue dans des écrits datant de 1617.
J'ai trouvé, sur Wikipédia, mention d'un jugement rendu à Mercat Cross. "Le réformateur protestant John Knox raconte qu'en 1565, Sir James Tarbet fut attaché à la croix pendant plus d'une heure et bombardé d'oeufs pour avoir annoncé les heures de la messe. Messes interditent par le Parlement Écossais cinq années auparavant." L'histoire ne dit pas si les oeufs étaient crus ou cuits!
Autre histoire : "Après la défaite de Bonnie Prince Charlie - Charles Édouard Stuart à Culloden, les bannières et drapeaux jacobites capturés au cours de la bataille ont été brûlées au cours d'une cérémonie à la Mercat Cross."
Seules, les “closes” ne sont pas investies par les festivaliers. Ces ruelles permettent de relier rapidement Old Town et New Town.
City of Edinburgh Council - Headquarters, entre les "closes"
Sur le chemin de Castle Rock, photo de gauche, le Mémorial du régiment "The black watch" Freiceadan dubh. Les allemands le surnommait : Die Damen aus der Hölle, « les femmes de l’enfer ».
Et, beaucoup moins sérieux, un festivalier en costume de "pictus" (homme peint), les anciens habitants de ces contrées étaient les pictes, ils avaient coutume de se battre nus peints en bleu pour effrayer leurs adversaires.
Pour terminer cet article vous prendrez bien une belle tranche d'histoire? ☞
Castle Rock, nous voici...affaire à suivre dans le prochain article