De Brest à Vladivostok,en passant p ar les capitales d'Europe du Nord, et une escapade en Mongolie, billets d'humeur d'une voyageuse. Europe centrale
Voilà 0,86 km² passionnants et lourds de symboles. Un vieux quartier blotti derrière ses murailles, au cœur de toutes les attentions.
En vérifiant la géolocalisation de mes photos, j'ai eu la surprise de constater que ces 0,86 km² ne laissaient rien apparaître des sites, rien que le vide ou des reconstitutions dessinées. En fait c'est la même chose que la DMZ de Corée du Nord ( http://bonsbaisersdecoreedunord.eklablog.com/vous-avez-dit-dmz-soft-ou-hard-a131251514 )
Qui à constaté la même chose? toute la toile est silencieuse sur le sujet. Si quelqu'un à la réponse .... !
La vieille ville de Jérusalem est un condensé, un des épicentres de la spiritualité et de la géopolitique de la planète. Le Mur des lamentations, l'Esplanade des mosquées et le Saint-Sépulcre s'y côtoient, s'y imbriquent, s'y juxtaposent dans une concentration unique de sites sacrés des différentes religions monotéistes.

Divisée en quatre quartiers - chrétien, musulman, juif et arménien - auxquels s'ajoute le Mont du temple, elle se tient toute entière derrière les remparts de Soliman le Maginfique (16e siècle) aujourd'hui percée de neuf portes d'accès. Classée au patrimoine mondial de l'Humanité depuis 1981, la vieille ville compile selon l'Unesco 220 monuments dignes d'intérêt. Un record pour un espace de moins d'un kilomètre carré.
Terre de transit, terre de nomades, aujourd'hui terre riche de sa jeunesse bigarrée. Jérusalem brasse une grande diversité de peuples et de jeunes, sans qu’ils se côtoient toujours. Tous ces jeunes gens et jeunes filles, quelles que soient leurs traditions, constituent le futur d’une ville qui n’a pas fini d’être bigarrée.
Les murs ont une longue, très longue histoire, beaucoup de blogs font remonter l'histoire des portes et des remparts au seul Soliman le Magnifique, soit au XVIe
Les premiers peuplement remontent plus ou moins à l'âge du bronze. À l'époque des "Patriarches" les premiers habitants sédentaires résident dans une ville nommée Jébus (du nom de ses habitants les Jésubéens) bâtie vers le IIe millénaire avant notre ère sur le lieu de l'actuelle Jérusalem. Les traces archéologiques sont attestées par des restes de remparts situés au-dessus du tunnel d'Ézéchias.
Le roi David conquiert la ville vers moins 1004. Sur les ruines de la ville, il établi une nouvelle cité. Salomon, son fils, construit le 1ier Temple.
Les archéologues attribuent la construction du premier rempart au roi Ézéchias, à la fin du VIII siècle av. J-C. Nabuchodonosor II les détruira, puis ce sera aux Achéménides de détruire la ville et d'emmener en captivité les juifs, jusque'a ce que Cyrus le Grand leurs permettent de regagner la Judée. Un second Temple et des murailles seront reconstruits vers 430 avant J-C par Esdras et Néhémie.
Le deuxième rempart sera érigé par les Hasmonéens au cours du 11 siècle avant notre ère, ils élargirons la ville en englobant le Mont Sion et le Mont du Temple.
Hérode Agrippa Iier fera construire ce qu'on appelle le troisième rempart entre 41 et 44. Viendront ensuite l'empereur Hadrien et les impératrices byzantines. (Aelia Capitolina)
Les murs seront détruits par un tremblement de terre en 1038, les croisés les reconstruiront en 1099, Saladin en prenant la ville leur causera des dommages et ils seront en majorité détruits en 1219.
Le sultan Soliman le Magnifique fera reconstruire entièrement les murs, en partie sur les vestiges des anciens remparts entre 1535 et 1538
Lors des accords d'armistice israélo-arabes de 1949 qui mettent fin à la guerre de 1948, la frontière entre Israël et la Jordanie est fixée au pied même des murailles Ouest et Nord-Ouest, entre les portes de Damas et de Sion.
Les murailles de la vieille ville et les jardins publics qui les entourent ont été classés par les autorités israéliennes comme parc national.
La porte de Jaffa est la seule porte percée dans le mur occidental de la vieille ville de Jérusalem, elle est aussi la plus empruntée par les juifs qui se rendent au mur des Lamentations à partir de Jérusalem-Ouest, c'est-à-dire la Jérusalem juive moderne. La porte donne sur une place où se rejoignent le quartier chrétien, au Nord, et le quartier arménien, au Sud. Elle ouvre la vieille ville en direction d'Hébron, comme son nom arabe l'indique (el-Khalil), mais aussi en direction du port antique de Jaffa, d'où le nom que lui préférèrent les autorités britanniques et les immigrants juifs au début du XXe siècle.
En se dirigeant vers l'Est, on trouve la place Musrara, coeur de Jérusalem-Est, tout près de laquelle se trouve la porte de Damas, de loin la plus animée. La porte de Damas est la seule porte qui a été l'objet de fouilles archéologiques. La porte actuelle date de l'époque de Soliman le Magnifique, mais les archéologues ont retrouvé les vestiges d'une porte bien plus ancienne datant de l'époque de l'empereur Hadrien, au IIe siècle de notre ère, alors que Jérusalem avait été rasée et renommée Aelia Capitolina. La porte de Damas tire son nom de la ville vers laquelle elle s'ouvre, et c'est pour la même raison que les juifs l'appellent plutôt la porte de Sichem. Les Arabes l'appellent Bab el-Amoud, c'est-à-dire « la porte de la Colonne ». On a compris l'origine de cette désignation lorsqu'a été découverte en Jordanie la célèbre « carte de Madaba", une mosaïque du VIe siècle de notre ère sur laquelle Jérusalem est illustrée. On y voit que la porte de Damas donnait sur une place au centre de laquelle se trouvait... une colonne. La colonne n'existe plus, mais le nom arabe de la porte en a gardé la trace pendant tout ce temps. Liens pour la carte de Madaba : https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_de_Madaba
Plus à l'est encore, proche du musée Rockefeller, la porte d'Hérode doit son nom aux pèlerins chrétiens du XVIe siècle qui identifiaient (à tort) une maison mamelouke non loin de là à la résidence d'Hérode Antipas où Jésus aurait comparu (Lc 23,7-12). Son nom officiel, celui que lui a donné Soliman le Magnifique son bâtisseur, est « porte des Fleurs » et c'est ainsi qu'elle est désignée par les habitants de Jérusalem-Est qui la fréquentent principalement. Elle donne accès à la vieille ville par le quartier musulman.
La porte des Lions est la seule porte qui permet d'entrer dans la vieille ville de Jérusalem par la muraille orientale. On y accède par la vallée du Cédron. C'est par cette porte que les Israéliens pénétrèrent dans la ville lors de la guerre des Six Jours en juin 1967. Son nom officiel est « porte du Jourdain », mais elle est mieux connue sous son nom hébraïque « porte des Lions », qui fait référence aux lions sculptés en bas reliefs de chaque coté de la porte (emblèmes du sultan mamelouk Baïbars qui fut en grande partie responsable de la chute du royaume latin de Jérusalem). Selon une légende, ces lions représenteraient ceux qui seraient apparus en rêve à Soliman afin de lui ordonner de construire les remparts de la ville. En arabe, la porte se nomme plutôt « porte des Tribus », peut-être en référence aux tribus bédouines qui résidaient à l'Est de Jérusalem et qui accédaient à la ville par cette porte, ou encore « porte de Dame Marie » en référence à la maison des parents de la mère de Jésus qu'une tradition situe à proximité. Cette porte est souvent désignée par les chrétiens « porte Saint-Étienne », bien que jusqu'au XIVe siècle ce nom était réservé à la porte de Damas, plus proche du lieu traditionnel de la mort de ce premier martyr chrétien. C'est près de cette porte que sont situés l'église Sainte-Anne, le couvent des Soeurs de Sion (l'Ecce Homo) et le couvent franciscain de la Flagellation (début de la Via Dolorosa.)
Il y a une seconde porte dans la muraille orientale : la monumentale porte Dorée, située un peu plus au sud, en face du mont des Oliviers. Si on pouvait la franchir, elle donnerait directement accès à l'esplanade du Temple (ou des Mosquées), la grande terrasse où était situé le temple construit par Hérode. Mais elle est murée, et selon la légende elle ne se rouvrira qu'à la fin des temps. Elle est appelée, en arabe comme en hébreu, « porte de la Miséricorde ». Le nom « porte Dorée » résulterait d'une confusion linguistique : la tradition chrétienne ayant identifiée cette porte avec la « Belle Porte » du récit de la guérison de l'infirme par Pierre (Ac 3,1-10), on a éventuellement confondu le terme grec horaia (« Belle ») et le terme latin aurea (« Dorée »)....! La porte actuelle date vraisemblablement de l'époque omeyyade (VIIe s.) et elle a été érigée au dessus d'une autre porte encore plus ancienne découverte récemment. Cette porte ancienne n'a pas encore fait l'objet de fouilles archéologiques en raison de sa proximité avec le cimetière musulman, mais ce serait celle-là qu'auraient empruntée Jésus et ses disciples lors de l'« entrée des Rameaux » s'ils sont passés par le mont des Oliviers comme le rapportent les évangiles.
La porte des Maghrébins est percée dans la muraille sud de Jérusalem. Elle donne sur le quartier juif de la vieille ville et sur le mur des Lamentations. En raison des risques d'attentats terroristes, un poste de contrôle a été érigé tout juste de l'autre coté de la porte; tous ceux qui se rendent au mur des Lamentations doivent passer par une fouille et des détecteurs de métaux. La porte tire son nom du quartier de la vieille ville où des musulmans issus du Maghreb s'étaient installés au XVIe siècle. Les juifs l'appellent « porte des Immondices » ou « porte du Fumier » en référence à une des portes du rempart construit par Néhémie.
Au-dessous des bâtisses de la Vieille ville, se trouve une grotte de 9000 mètres carrés, remarquable par sa surface comme par sa beauté. Cette grotte légendaire, connue plutôt comme la Grotte de Sédécias, est une des plus spectaculaires de Jérusalem. Dans les temps antiques, c’était une carrière dont les pierres massives ont servi à la construction du Temple par le Roi Salomon.

Nous ne sommes pas invités au festin, dommage!!!
Prochain et dernier article de ce voyage en Israël avec des mosquées sur esplanade et des tombes serrées comme sardines en boite.